Le blog du dôme

DÉCRYPTAGE > L'Internet des objets

Crédits : Relais d'sciences/G. Dupuy (2015)

Article du 8 juillet 2015 au Dôme (Caen Normandie)

Mercredi 1er juillet 2015. Jérôme Caudrelier (Casus Belli) anime le premier atelier organisé dans Le Dôme. En une heure, il va décrypter le sujet des objets connectés. Extraits.

Ce jour-là, il a fait très chaud et la climatisation n'était pas connectée. L'intervenant l'était et il était très pertinent. Pour définir, illustrer et saisir les enjeux de ce que l'on appelle la 3e évolution d'internet ou le web 3.0 : l'Internet des objets (IdO), appelé à bouleverser notre rapport au numérique dans vingt ans.


L'IdO est l'extension d'internet au monde réel et physique. Un réseau reliant des dizaines de milliards d'objets intelligents, qui communiquent entre eux et peuvent entrer en contact avec nous, que nous soyons à côté ou à distance.

26 objets connectés par être humain

En 2015, on évalue le nombre d’objets connectés à 15 milliards (dont deux milliards de smartphones). Mais ce n'est qu'un début. En 2020, selon les estimations, il faudra compter entre 30 et 212 milliards d'objets connectés, soit 26 objets par humain ! Avec un chiffre d'affaires estimé à 6 000 milliards de dollars en 2025, l’IdO annonce la relève dans certains secteurs.

"Les objets connectés seront partout : dans les usines, les voitures connectées, la santé, les espaces publics et bien évidemment, dans le marketing, avec le tracking personnalisé des (futurs) clients" — Jérôme Caudrelier, Casus Belli.

"Les objets connectés seront partout : dans les usines du futur, dans les voitures connectées, dans la santé à domicile, dans les espaces publics pour réguler l'éclairage ou le traitement des déchets, dans la maison intelligente, dans la sécurité et bien évidemment, dans le marketing, avec le tracking personnalisé des (futurs) clients", énumère Jérôme Caudrelier.

Au CES de Las Vegas, le salon mondial du high-tech, on a vu l’explosion de "l'Internet of Me", avec l'ultra personnalisation des appareils connectés pour le consommateur, amené alors à vivre une "expérience" plaisante et engageante. C'est le "wearable", l'objet que l'on porte sur soi, comme la montre connectée d'Apple, sortie avant l'été. "À terme, on ne vendra plus le produit, mais le service associé, parce qu'on considère qu'il apporte plus que l'objet lui-même." À méditer.

Big data ou big brother ?

La multiplication des objets connectés nécessite aussi d’établir un langage commun. Comment le frigo échange avec la bouteille de lait, le candélabre avec la voiture ? "Les plates-formes sont l'épine dorsale de la structuration du secteur, parce qu'elles doivent gérer les échanges de données et faire interagir les systèmes entre eux", estime Jérôme Caudrelier. Du côté des géants de l'informatique, la lutte a commencé.

"Les objets connectés vont fluidifier, optimiser, sécuriser notre quotidien, mais à quel prix, si les données deviennent des marchandises exploitées par des sociétés privées ?" — Jérôme Caudrelier, Casus Belli.

L’enjeu est considérable, car au-delà de la question des volumes, des standards ou de l’interconnexion, se pose celle de la protection des données. L’IdO est synonyme de Big Data ou "volumes massifs de données". "Les objets connectés vont fluidifier, optimiser, sécuriser notre quotidien, mais à quel prix, si les données deviennent des marchandises exploitées par des sociétés privées ?", s’inquiète Jérôme Caudrelier. Si la CNIL joue encore un rôle de garde-fou en France, elle n’a pas d’équivalent ailleurs. La crédibilité de l’IdO passera aussi par là.


Le Dôme | Mise à jour : 2016-12-08 | Mise en ligne : 2015-07-08